En pleine tourmente, la droite utilise sa carte fétiche : La Sécurité - Spectacle
Une fois de plus, le spectaculaire prime sur le calme et la sérénité qu’il convient d’avoir face à des événements de délinquance grave. Suite à l’échec des élections régionales, le Président de la République reprend son thème de prédilection ; la sécurité pour reconquérir l’électeur français.
Les événements récents qui se sont produit à Grenoble comme à Saint Aignan, démontrent à quel point nous devons agir avec vigueur face à une délinquance de plus en plus organisée et qui n’hésite plus à s’en prendre directement aux forces de l’ordre avec des armes de guerre. Le Parti Socialiste est loin d’être laxiste et travaille sérieusement sur le dossier de la sécurité intérieure de notre pays. Nous ne tomberons pas dans le piège de l’UMP. La Commission Nationale Sécurité du PS, dont je suis membre, annoncera notre programme début 2011, par l’intermédiaire de son Président Jean-Jacques URVOAS, Député du Finistère.
Le spectaculaire et la gesticulation ne font pas partie de nos propositions. Depuis plus de huit ans, à chaque événement grave, nous avons le droit à une réunion ministérielle voire présidentielle. Il s’en suit des visites de terrain, des limogeages de Préfets et de hauts fonctionnaires de sécurité. Nous avons le droit à des interpellations à 6 heures le matin filmées par les journalistes invités en grande pompe. Une nouvelle loi va être créée venant ainsi s’ajouter, depuis 7 ans, aux 15 lois et aux 116 modifications du Code Pénal. Pourtant, les violences physiques non crapuleuses augmentent de 46,5%. Il faut cesser cette politique qui est l’ennemie de l’efficacité. Derrière une conception toujours plus répressive de l’ordre public et une surenchère dans les moyens policiers déployés ponctuellement, souvent ceux de la BAC, du GIPN, du RAID, se découvre une politique de cache misère et la paupérisation rampante des commissariats et brigades de gendarmerie qui réalisent un travail difficile, méthodique et exemplaire tout au long de l’année. Pas moins de 12000 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés au cours de ces dernières années. La politique du gouvernement actuel en matière de sécurité pose de nombreuses questions. Quelle est la véritable raison de sanctionner un Préfet pour le remplacer immédiatement par un professionnel de la sureté ? Le rôle d’un Préfet est loin de se cantonner au seul travail du maintien de l’ordre. Il s’agit là plus d’une action qui relève de la compétence de l’autorité judiciaire et de la police judiciaire et non de la police administrative.
Il faut abandonner pour les policiers et les gendarmes, cette culture du chiffre et du résultat qui n’est là que pour masquer la réalité d’une situation de plus en plus tendue dans notre pays.
Il faut agir sur les leviers éducatifs, culturels, sociaux, économiques, géographiques et techniques. Mettre des moyens humains en permanence sur les territoires. Permettre aux unités de recherches et d’investigations d’agir avec toute l’efficacité nécessaire pour effectuer dans un environnement sécurisé les actes de police techniques et scientifiques. Il faut agir en toute sérénité sans la pression médiatique voulue des gouvernants afin de rassembler les preuves utiles pour la bonne exécution de la justice. Nous voulons permettre des actions rapides et méthodiques dans l’interpellation, la comparution et la condamnation des auteurs de violences. Il faudra aussi, pour cela, donner les moyens à la justice.
Le Parti Socialiste va poursuivre son travail début septembre pour élaborer calmement et hors polémiques, le futur Contrat National de Sécurité.
Laurent LONGET
Secrétaire fédéral PS chargé de la sécurité.