
Alain Le Vern et Jean Louis Destans inaugurent la déviation de Pont-de-l’Arche réalisée sous maîtrise d’ouvrage du Département et financée à 100% par la Région
En décidant en 2001 de réaliser la déviation de Pont-de-l’Arche/Les Damps, le Conseil général de l’Eure avait pour objectif d’améliorer de manière significative les conditions de vie des habitants, de réduire sensiblement le trafic automobile des deux centres-villes où circulaient quotidiennement 20 000 véhicules et, par voie de conséquence, de fluidifier le transit dans ce secteur de la vallée de Seine. Aujourd’hui c’est chose faite avec, ce 4 janvier, l’ouverture et la mise en circulation de cette déviation inaugurée par Alain Le Vern, Président de la Région et Jean Louis Destans, Président du Département.
« Compte tenu du coût du projet, (20 M€), l’achèvement des travaux aurait dû intervenir dans plusieurs années si le Département avait, seul, pris à sa charge le financement. La déviation ouvre aujourd’hui grâce à la décision de la Région de financer à 100 % les travaux, et ce dans le cadre de la coopération « 276 » qui lie la Région Haute-Normandie et les deux Départements 27 et 76 », se réjouissaient, ce lundi, Alain Le Vern et Jean Louis Destans.
Ce projet routier départemental de 4500 mètres, se veut exemplaire à plus d’un titre.
Une attention particulière a en effet été portée sur les questions environnementales, notamment l’alimentation en eau potable des communes proches.
L’emprise de la déviation passant à l'intérieur du périmètre rapproché du captage d’eau potable du Val-aux-Loups (alimentant Pont-de-l’Arche et Les Damps mais aussi, Criquebeuf-sur-Seine, Martot, Poses, Léry,) le Département a dû, pour se conformer à la loi sur l’eau, prendre deux mesures :
- Financer les travaux d’interconnexion entre le réseau d’alimentation d’eau potable de Pont-de-l’Arche et celui de Val-de-Reuil, de façon à sécuriser les besoins de la commune à long terme,
- Rechercher un nouveau point de forage pour remplacer celui du Val-aux-Loups.
Un nouveau point de captage a donc été aménagé. Si son débit est moindre (80 m3/heure) que celui du Val-au-Loup (300 m3/h), il a l’avantage de fournir une eau d’excellente qualité. En tout cas, il est à même de satisfaire les besoins des deux communes, évalués à 1 500 m3 par jour.
Afin d’améliorer encore la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable, une autre interconnexion avec le réseau de la communauté d’agglomération d’Elbeuf Boucles de Seine a été réalisée en avril 2008. Le Département a également procédé à l’installation d’un turbidimètre en août 2008 afin de mesurer en permanence le taux de particules dans l’eau préalablement à l'engagement des travaux dans ce périmètre.
Enfin, pour garantir la protection du point de captage, les eaux de ruissellement de la déviation sont collectées dans un réseau d’assainissement totalement étanche et conduites vers 4 bassins de stockage et de dépollution. 5 bassins supplémentaires ont été créés pour réguler les eaux naturelles du bassin versant, une protection efficace contre les inondations jusqu’alors inexistante. Afin de vérifier la réelle étanchéité du réseau, deux essais ont été menés, suivies et approuvés par les techniciens des services de l’Etat.
Forêt de Bord : accès préservé et mesures de compensation
Le maintien de l’accès à la forêt de Bord constituait un enjeu fort du projet. Le massif est en effet très fréquenté par les promeneurs, cyclistes et cavaliers des communes environnantes. Il était essentiel de préserver un libre accès alors même que la déviation se construit au beau milieu de la forêt. Plusieurs accès ont été définis avec l’Office national des forêts (ONF), gestionnaire du massif, et les communes. En particulier, la continuité du GR222 qui est assurée par un passage souterrain au niveau de la route forestière de la Cramponière. D’autres points de passage ont été prévus près de la ferme de la Borde et de la voie impériale sur la commune des Damps.
L’étude d’impact du chantier a révélé la présence de chauve-souris et le passage régulier d’amphibiens dans le secteur. Dans les trois ouvrages d’art de la déviation, des niches pour chauve-souris ont été aménagées et un « crapauduc » a été réalisé pour permettre le passage des amphibiens. Des « barrières canadiennes » ont été implantées de façon à permettre le passage des promeneurs mais interdire celui de la faune qui sera ainsi retenue dans le massif de la forêt de bord.
Pour cela, une clôture a été installée sur toute la partie sud de la déviation pour empêcher le gros gibier de traverser la chaussée.
Le code forestier stipule qu’un aménagement routier dans un massif boisé doit donner lieu à une compensation qui peut varier selon la nature du projet et les caractéristiques du massif. Pour la déviation Pont-de-l’Arche, il a été convenu que le Département rende 3 ha pour 1 ha de forêt supprimé, soit 190 ha au total. En effet, l’emprise routière de la déviation est de 23 ha ; à ce chiffre, il faut ajouter la partie boisée de 40 ha située entre les deux communes et la déviation acquise par le Département (délaissé de forêt), ce qui fait un total de trois fois 63 ha.
Le Conseil général a donc acquis des massifs boisés dans l’Eure, notamment le domaine de la Ronce, à Fontaine-sous-Jouy, qu’il a rétrocédé à l’ONF. Il lui reste encore 25 ha à trouver pour remplir ses engagements.
Les abords de l’abbaye de Bonport préservés
Fondée en 1189 par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc de Normandie, l’abbaye cistercienne normande de Bonport fut construite entre l'Eure et la forêt de Bord, dans un grand parc arboré clos de murs... C’est une des rares abbayes cisterciennes de Normandie où subsistent les bâtiments monastiques du Moyen-Âge, en particulier le magnifique réfectoire voûté du XIIIe siècle. La déviation passant dans le périmètre de protection (500 m) de ce monument historique, le Département a prévu, en concertation avec les Bâtiments de France, des aménagements paysagers autour du giratoire et sur les délaissés de terrains de la future voie routière.
Les terrains de sport déplacés
Le tracé de la déviation passant au beau milieu des terrains sportifs de la ville de Pont-de-l’Arche, le Département, en concertation avec la municipalité, a reconstruit les installations plus à l’ouest. Les nouveaux terrains sportifs ont été inaugurés en 2005.
La déviation en chiffres
Longueur : 4,5 km
Coût : 20 M€ (financés à 100% par la Région Haute-Normandie)
Type de chaussée : 3 voies (2+1 avec des zones de dépassement en alternance)
Les terassements
Déblais-remblais : 225 000 m3 (dont 57 000 m3 en apport), soit 1 500 camions ou… près de 4 millions de brouettes. Les remblais atteignent 17 m en leur point le plus élevé.
Chaussée
Surface d’enrobé : 65 000 m², soit l’équivalent de 13 terrains de football de dimension moyenne…
Le calendrier du projet
2001 : décision du Conseil général de réaliser la déviation
Mai 2002 : déclaration d’utilité publique du projet
2002-2005 : négociations et compensations avec l’ONF sur 190 ha, soit 3 fois l’emprise du projet, avec à ce jour une compensation de 25 ha restant à trouver
2003-2006 : recherche de ressources en eau de substitution au captage de Val-au-Loup en concertation avec la communauté d’agglomération Seine-Eure
2003-2005 : reconstruction des terrains de sports de Pont-de-l’Arche
Septembre 2007 : aménagement de la section entre RD6015 et RD79 sur la commune de Pont-de-l’Arche
Décembre 2007 : aménagement de l’entrée de Pont-de-l’Arche côté Criquebeuf-sur-Seine par l’aménagement du giratoire aux abords de l’abbaye de Bonport
Septembre 2008 : aménagement du giratoire à l’est de la déviation sur la commune des Damps
Premier trimestre 2009 : achèvement des terrassements, assainissement et couche de forme
Janvier 2009 : fin des travaux des ouvrages d’art de rétablissement des accès à la forêt de Bord
Mai-juin 2009 : début des travaux de chaussée + pose des équipements (glissières béton, fossés, marquage, signalisation)
Novembre 2009 : début des aménagements paysagers de la déviation
4 Janvier 2010 : mise en service de la déviation